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MG dans ta face


Lundi 27 février 2012 1 27 /02 /Fév /2012 18:00

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Chers fidèles lecteurs et chers infidèles lecteurs (le masculin l’emporte sur le féminin, donc bon…), je viens mettre ici un terme à mon absence prolongée : bientôt deux mois que je vous ai laissé seuls telles des brebis égarées, le berger ayant fuit vers d’autres terres plus hospitalières [Note du patron : "Tu sais ce qu’elles te disent, les terres inhospitalières ?"]. Non, en fait, la vérité est beaucoup moins poétique et romantique, que dis-je, romanesque, c’est juste que je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer depuis que j’ai dressé le bilan de l’année dernière. Oui, vous êtes les lecteurs de mes récits ennuyés (moins qu’ennuyant je l’espère), et là par exemple, je m’ennuie grave. Chers infidèles, je vous écris donc.

 

En même temps, s’ennuyer en ce début d’année, surtout si on parle cinéma, n’est pas très difficile : mais qu’est-ce qu’on se fait c-h-i-e-r… Depuis Intouchables, on a carrément plus rien à se mettre sous la dent, c’est dire le marasme malgré les bons coups de reins de Kassovitz. Ah si, les César quand même, avec un des "meilleurs" crus depuis longtemps : un prix technique à L'Apollonide (celui des costumes pour des catins en jupons), un prix à Michel Blanc, plutôt étonné de recevoir un prix pour son rôle dans L'exercice de l'État, un film très bien (oui Michel, ça faisait tellement longtemps que tu ne jouais plus que dans des comédies à la con, mais c’est comme tout, on y prend goût), et on remerciera aussi le prix du montage pour Polisse qui, justement, a un des montages les plus inconsistants de l’année, et on n’oubliera pas non plus de féliciter Mathilde Seigner pour nous avoir épargné son (gros ?) cul, mais sa connerie par contre, ça on y a encore droit.

Et enfin, clou du spectacle, c’était le César pour LA Bérénice qui le voulait vraiment vraiment tout en n’y croyant pas (c’est sympa les gars d’avoir fait une bonne action, et c’est déductible des impôts sinon ?). Et enfin encore, de couronner un noir juste comme ça pour le fun, trop rebelles les César ! Ça doit pas être facile à digérer pour Dujardin que de se faire voler la vedette par un noir, qui plus est même pas acteur. Et euh… Pourquoi The tree of life ne faisait pas parti des meilleurs films étrangers, hmmm ? Crotte zut alors ! C’était un moyen tellement sûr d’avoir VRAIMENT un "meilleur" cru…

 

Bon, à part les César, toujours aussi drôles et aussi piquants (rires), ce début d’année n’a pas fait bander grand monde. Faut dire aussi que devoir se farcir Louise Wimmer, téléfilm sur la France d’en-bas façon "drame socialo-bobo" où le seul moment intéressant du film est quand Louise la ferme enfin et embrase la caméra sur la skyline d’Aubervillouche au rythme de l’assourdissante Nina Simone, c’est dur, et on se dit aussi que le film est un peu passé à-côté de quelque chose (mais quoi ?). Pourtant, au même moment, Une vie meilleure ne crevait rien du tout à l’écran. Le meilleur rôle de la vie entière et meilleure entièrement de Canet, si on en croit les "critiques". Et, apparemment, ça suffit pour présider les César, main dans les poches et valises sous les yeux. Et au milieu de tout ça, il y avait Elles, genre petites ado-putes face à la grande bourgeoise Binoche. Mais les requiems surjoués n’arrivent jamais à faire décoller l’ensemble. Au mieux, le film est digne d’une mauvaise série Canal+.

Mais c’est pas fini : le cinéma hors préférence nationale ne nous a pas fait kiffer non plus. Take shelter, La dame de ferLa taupe, pas de quoi gueuler plus fort que Tarantino, couilles molles et viiiveuh leu cinémâ ! Et parce que je ne critique JAMAIS sans raison et sans arguments, je dirais que Take shelter est l’un des films les plus ennuyeux de cette année (même si on est qu’en février), mais c’est forcément parce que j’ai dû loupé la chronique profonde de la société américaine, oui, forcément. La taupe est un film à part, profondément fastidieux et tarabiscoté pour pas grand-chose, mais dont la mise en scène, les cadrages, les travellings, le goût du détail et la musique de fin vous ravissent les yeux et les oreilles sans parvenir à créer un pur plaisir de cinéma. Pas grave, La mer de Julio Iglesias suffira pour réactiver chez nous des pulsions de petites pucelles.

Sans transition, la charmante Margaret nous emmerde profondément elle aussi, et heureusement qu’elle n’a pas connu le tout petit petit Nicolas S., car en mode "tandem brise-burnes", on n’aurait pas pu faire mieux avec ces deux-là (ce qui est regrettable également, c’est qu’Angela M. n’a malheureusement pas le physique thatchérien, mais on aura droit à son biopic un jour, pour sûr). Parlons un peu du film : La dame de fer est un sous-La môme où il ne manque plus que "Non, rien de rien, non, je ne regrette rien" et la maintenant MILF Marion Cottillard en guest de luxe pour saboter davantage l’entreprise. 

 

Je ne peux quand même pas terminer cette chronique ainsi (sur Cotillard), alors pour ceux qui ont eu le courage d’arriver jusque-là, je vais parler du SEUL film qui m’a réjoui depuis ce début d’année : Il n’y a pas de rapport sexuel, le documentaire de Raphaël Siboni. La vraie (ré)jouissance de ce film, c’est qu’il n’est pas qu’un simple making-of de film porno, mais une œuvre conceptuelle plus proche de celle d’un vidéaste que celle d’un metteur en scène, et dont la force et le talent du montage du premier n’a rien a envier au second. Portrait troublant d’un mégalomane jouant des chairs et des images dans le huis clos de son appartement aux senteurs de sperme, manipulation des désirs et des fantasmes, des corps et des esprits jusqu’à la mise en abîme de la caméra du making-of censée récupérer les images de manière neutre, impartiale, objective : bienvenue dans le théâtre du gonzo où acteurs pornos et amateurs se rencontrent (et plus si affinités), portraits à la fois émouvants, drôles, cyniques, terriblement tristes et pas seulement simulés.

 

Bon allez, rideau les p’tits loups. Espérons d’ici là que Bullhead et Cloclo nous aient rabiboché avec le cinéma français et que Dujardin ait avalé de travers son Oscar à force de lécher le cul d’Harvey Weinstein.

 

P. S. : Le Millénium de Fincher a quand même de la gueule…

 

Publié par MG, le critique docile et obéissant bientôt disponible sur iPad.

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face - Communauté : Les anciens d'AlloCiné
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 12:00

"Le temps passe et passe et passe, et beaucoup de choses ont changé. Qui aurait pu s'imaginer que le temps se serait si vite écoulé, on fait le bilan calmement en s’remémorant chaque instant". Bon, 2011 ne sera pas un gouleyant millésime cinéma, mais parmi une année assez insipide, quelques perles se sont glissées (énorme coup de cœur pour L’Apollonide du grand Bonello). Ici et maintenant, top 12 pour mieux pénétrer 2012 et fuir 2011.

 

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1 / L’Apollonide - Souvenirs de la maison close

2 / Somewhere

3 / Pater

4 / Melancholia

5 / We need to talk about Kevin

6 / L’exercice de l’État

 

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7 / Bon à tirer

8 / La guerre est déclarée

9 / Polisse

10 / Animal kingdom

11 / Une séparation

12 / Beginners

 

Trop de mauvais films et trop de ratés ont squatté les écrans cette année, et un top 10 ou même 12 du pire du pire ne suffirait pas. Les Studios MG Corporation ont donc opté pour une remise de prix au vitriol.

 

- Le prix du grand oublié du grand top : Black swan.

- Le prix du film qui ne s'assume pas comme un film est attribué à A dangerous method de David Cronenberg qui ne parvient jamais à libérer son film du roman, du certifié et du approuvé exact de la vérité vraie de la pièce de théâtre et de la réalité pure et totalement réelle du roman lui même complètement à l’exactitude parfaite de la vie réelle qui se vit (?), pour preuve les quinze lignes à la fin dont on se tamponne le coquillard.

- Le prix du film le plus énervant de l’année revient à "l’incarnation de la perfection" du premier de la classe Nicolas Winding Refn pour Drive.

- Le prix du film qui te donne envie de détester à jamais le cinéma revient à la palme d'or (en chocolat) The tree of life.

- Le prix du film qui a failli (mais vraiment failli) être génial avant de devenir la grosse déception de l’année revient à J’ai rencontré le diable.

- Le prix du film "qu'on aime bien quand même" revient aux Bien-aimés de Christophe Honoré.

- Le prix du film que l’on attendait tant et qui ne nous a rien donné en fait revient à Habemus Papam.

- Le prix du film qui nous a démontré que, bizarrement, la deuxième fois était moins bonne que la première revient à Absent de Marco Berger.

- Le prix de l’actrice qui devrait vraiment arrêter revient à Yolande Moreau pour son rôle dans Où va la nuit.

- Le prix de la meilleure doublure est attribué aux doublures de Natalie Portman (pas de danse) et Michael Fassbender (gros zizi) dans Black swan et Shame.

- Le prix de la meilleure actrice revient à Natalie Portman qui nous a prouvé qu'elle pouvait vraiment être une bonne actrice dans… Sex friends. xD

- Le prix du film de chiards qui nous a jamais autant donné envie de ne pas être jeune revient à l’insupportable Un amour de jeunesse.

- Le prix du pire film de l'année revient (ex-æquo) à Au delà, Minuit à Paris et Le gamin au vélo. Nous prions instamment les quatre réalisateurs grabataires de jeter l'éponge. 

 

Pour fêter cette remise de top et de prix, after party dans le minuscule cagibi bureau de Seuil critique(s) avec fraises Tagada et antigel à volonté : soyez les bienvenu(e)s, c'est le patron qui régale. Et pour le 12e commentaire, un an de champagne/pute/coke est à gagner, offert par votre serviteur MG : MG, pour des soirées de qualité [Note du patron : "MG, je croyais t’avoir demandé d’arrêter tes jingles pourris à chaque fin de phrase. Je te jure que c’est énervant"]

 

Publié par MG, qui est et qui restera.

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face - Communauté : Les anciens d'AlloCiné
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Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 12:00

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Dix chroniques, dix déjà (soupirs pour tous). Pendant cette dizaine de chroniques où j’ai tenté d’aligner des mots sans réelle cohérence, j’ai réussi à ne jamais être sérieux sans vraiment être drôle, à peine provocateur sans jamais avoir atteint un cynisme de qualité. J’ai toujours eu besoin qu’on relise mes écrits bourrés de fautes d’orthographes [Note du patron : "Ouais d’ailleurs MG, j’en ai un peu marre de devoir toujours passer derrière toi, en plus on va croire qu’on fait des choses ensemble alors que bon, on est pas les mecs d’ASBAF quoi"], tout ça en croyant qu’il suffit simplement de dire que Drive est le film le plus énervant et le plus raté de la rentrée pour être complètement percutant. Voilà, c’est dit avec les deux pieds dans le même plat, trop c’est trop : trop de mots, trop d’images, trop de mise en scène, trop de bla-bla, trop d’effets de style, trop de silences, tout ça de trop, ça tue trop le cinéma. Et là, le cinéma n’a pas passé l’automne : il est mort.


Drive, c’est les chevilles super enflées d’un type plutôt nordique qui H.O.O.Q. (à prononcer phonétiquement, merci), une bonne musique électro, pas de parlotte, juste du rien, du décéléré, film sous dialyse, filtres bleu et jaune pisse soleil plein les pupilles, et hop, c’est dans la boîte. Drive ennuie en étant soi-disant parfait et en revendiquant cette perfection, en disant tout simplement "Tu vois, le cinéma ça doit être comme ça. Point barre". Succès public direct.

Hors Satan : déjà plus que deux salles sur Paname, Dumont se radicalise et, par conséquent, se marginalise. Très loin de ses films magnifiques qu’étaient La vie de Jésus, L’humanité ou Flandres, ce Hors Satan est juste un peu moins mauvais que Hadewijch. Miracles religieux pour les nuls : cher Bruno Dumont, je vous serais gré de bien vouloir redresser le cap et vous sortir de ce merdier. Y’a-t-il un public dans la salle ? Non désolé, ils sont tous partis voir Tintin en 3D.


Tintin façon Spielberg, c’est, au final, pas si moche et décevant que ce que l’on pouvait imaginer. Malgré certains défauts, le papa d’E.T. réussi à faire du héros à la houppette un autre personnage, une espèce de truc qui évoquerait vaguement Tintin (d’ailleurs, Milou le confirme à Hergé au début, ça ne ressemble pas du tout à Tintin). À partir de là, cette créature fringuée comme Tintin se retrouve parachutée dans un monde hollywoodien pour "enfulte" ou "adulescent" (bref pour américain), où humour rime avec ivrogne et rot, et action avec courses-poursuites rocambolesques et combat de grues. La ligne claire dessinée par Hergé rencontre les univers d’Indiana Jones et de Transformers où tout le monde a un gros pif. Assez loin de la bande dessinée, mais divertissement de bonne facture. Succès public garanti.


Intouchables. Dur de rester intouchable face à ce film dont le message est clair : bons français, vous qui vous garez sur les places pour handicapés et baissez la tête quand vous voyez un triso dans le viseur, vous devez pleurer, pleurer, pleurer et pleurer encore, être émus, être complètement touchés et aussi, n’oubliez pas, il faut applaudir à la fin (c’est Roselyne Bachelot qui l’a demandé). Sauvons le cinéma français (et après on sauvera Roselyne). Festival de vannes assuré par un des mecs les plus drôles du moment (Omar Sy) pour un des films les plus mauvais depuis Bienvenue chez les Ch’tis. Réalisation à chier + musiques à chier + décollage d’avion sur coucher de soleil à chier = succès public à chier.

Mon pire cauchemar, c’est mon pire cauchemar (CQFD). Succès public ?


En fait, je crois qu’il n’y a que moi qui, en dix chroniques de merde, n’aie pas réussi à connaître un vrai succès public. Je n’imposerais donc pas mes choix cinéma, mais je ne saurais que trop vous conseiller L’exercice de l’État (qui rejoint Pater au Panthéon de cette année) et Love and bruises aussi pour enfin se sentir malmené au cinéma, ce qui n’arrive que trop peu souvent. Le cinéma est mort ? Vive MG !


Publié par MG, celui qui n’a pas besoin d’Intouchables pour rire des handicapés.

 

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face - Communauté : Les anciens d'AlloCiné
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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 12:00

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Il était grand temps de faire ma rentrée et, année électorale oblige, je vais me mettre à l’ordre du jour (politique). MG se prépare donc pour 2012 (MG président !). Après ces premiers mois de 2011 pas super bandants, tentons d’établir quand même un premier classement avec quelques chouchous. Six films qui ont marqué 2011, de janvier à août, six films comme six candidats à la primaire socialiste (MG président, top raccord).

Entre la révélation australienne de l’année qui nous a prouvé que l’Australie n’avait pas que Tina Arena et les kangourous, le nouveau et beau Sofia Coppola, et le film où tu vois ta vie défiler juste avant le générique de fin (Melancholia), on a trouvé un joli duo Cavalier/Lindon assez frais, un film qui a eu la bonne idée de faire taire Mélanie Laurent pendant au moins vingt minutes et un film iranien même pas chiant. Tout ne fut donc pas perdu en ce début d’année, laissons donc les péloches continuer de tourner et vive le cinéma (à prononcer dans les règles de l’art).

MG 2012, ce sera surtout des critiques plus longues et des articles plus courts, des critiques sans films et des films sans critiques, des jeux sans cadeaux et des cadeaux sans jeux, et une mise en page différente mais sachant garder l’esprit de la précédente. En gros, une nouvelle formule, mais bon, rien n’a vraiment été décidé (c’était les vacances, merde !).

Sortie d’un des films les plus (soi-disant) attendus de la rentrée : The artist. Même si Dujardin a reçu le prix d’interprétation masculine à Cannes, c’est Bérénice Bejo qui mérite tous les honneurs, elle dont le talent a été de jouer dans des films dont personne n’a jamais entendu parler (si si, je me suis documenté). Tout ça pour dire que la Bejo a surtout le talent d’être la femme du réalisateur et qu’elle se démerde plutôt pas mal (Dujardin, lui, n’ayant surtout que le talent de la "bankabilité"). Le film de Michel machin-bidule, qui parvient à parfaitement recréer l’ambiance du film muet, n’est malheureusement pas très inspiré et ennuie rapidement. Je dirai que c’est un film à moitié sympa parce que bon, en fait j’ai pas mal dormi en milieu de séance : ce n’était pas une bonne journée, en ce moment je suis très fatigué, la rentrée, les boulots, etc. [Note du patron : "MG, on s’en fout de ta life, en plus tu n’as pas "dormi", tu as ronflé, nuance"].

 

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Le film du mois et peut-être même de l’année : L’Apollonide, ou quand les putains s’enivrent sur Lee Moses, rencontrent Baudelaire, Manet, Courbet, Ingres et Bonello… L’Apollonide est un film suave, un tableau sublime jusque dans son titre ; une liberté folle, un théâtre des chairs, une maison close devenant manifeste politique, artistique et absolument magnifique.

Sinon, en ce moment dans les salles, il n’y a pas que Les guerres des boutons. Il y a aussi La guerre est déclarée, le seul film de la rentrée qui allie très bien succès cannois, succès critique et succès public. Roméo et Juliette vivent à fond leur amour à la vie en faisant face à la mort. Le nouveau film de Valérie Donzelli court, crie et grouille, c’est une guerre esthétique et sensorielle déclarée à la maladie, guerre pleine de fougue, de panache et de singularité.

Gus Van Sant, qui d’habitude est loin d’avoir mes faveurs, m’a particulièrement séduit avec son nouveau film plutôt mainstream, film d’auteur américain en musique (musique pop très présente, trop insistante), stylé et tout et tout, mais loin d’être attendu dudit Gus. Film sans aucun doute imparfait, Restless a néanmoins une fantaisie, une fraîcheur et une émotion qui en font une balade folk qu’on a envie d’aimer. Et dans l’univers qu’il déploie (humour, bouleversements, charme des acteurs), Mia Wasikowska fait enfin des merveilles (des applaudissements pour le jeu de mots pourri).

Le roman de Thiery Jonquet, Mygale, était une matière première idéale pour Almodóvar (transsexualisme et transgénèse, muerte et bistouri). Malheureusement, le roman s’avère être un cadeau empoisonné puisque tout ce qui en faisait sa force (brutalité du récit, son aspect concis, efficace et chirurgical) est délayé dans un scénario complexe où s’ajoutent personnages secondaires et histoires de famille inutiles. Il reste une mise en scène brillante dont Almodóvar a le secret.

Et la claque de la rentrée, c’est quoi donc ? C’est We need to talk about Kevin qui, entre un gosse fou, une mère sous anxiolytiques, des lancers de tomates et un jet d’arrosage automatique, fait complètement surkiffer.


Publié par MG, celui qui est à la critique cinéma ce que Kadhafi est à la démocratie.

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face - Communauté : Les anciens d'AlloCiné
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Mercredi 13 juillet 2011 3 13 /07 /Juil /2011 12:00

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N'en attendez pas moins pour vos vacances (la Tomatina, un évènement MG Corporation).

 

Rien ne se passe vraiment pendant l’été, sauf MG qui résiste à toutes les saisons. Du coup, je serai de retour en septembre et en pleine forme, en plus d’un salaire grassement revalorisé [Note du patron : "Tu peux toujours rêver, bitch, et si t’es pas content, t’as qu’à aller chez ASBAF, c’est du même niveau que tes conneries"]. Oui, tout augmente, même le salaire des plus riches (mais loin du salaire maximal souhaité dans Pater). Ne voulant pas m’étaler sur le montant de mes honoraires, finissons-en avant qu’arrivent sable fin, coquillages, crème solaire et J’aime regarder les filles qui sera, sans nul doute, le film de l’été (c’est pas comme si allaient sortir en plein mois d’août deux des films les plus attendus de l’année, Melancholia et La piel que habito). En attendant, voici le programme "jusqu’au-boutiste" de ce mois-ci (c’est ce qui décrit sûrement le mieux les films vus durant ces dernières semaines).

 

Balada triste signe le retour d’Álex de la Iglesia dans un joyeux bordel avec trompettes, clowns tristes et histoire de l’Espagne, rien que ça. Dur d’être fixé : œuvre d’un génie ou raté de l’année ? En tout cas, il faut bien s’accrocher et accepter les moindres pulsions du réalisateur qui ne sont pas toujours pour le meilleur, mais bien pour le pire.

My little princess ne cède rien sur le glauque, même si la réalisatrice n’a pas oublié d’édulcorer un peu son récit, nous évitant ainsi la vision d’une petite fille de 4 ans en porte-jarretelles. Eva Ionesco créé un univers kitsch assez intéressant, du Greco à Pierre et Gilles (sans les cadres), où Isabelle Huppert réussi (encore) à donner corps et âme à une putain de pauvre maman. Bien sûr, on n’échappe pas à quelques longueurs et à un manque cruel de subtilité, mais je dis ça surtout pour ne pas faire original dans ma critique.

Jusqu’au-boutiste comme l’est aussi J’ai rencontré le diable, nouveau film interdit au moins de 16 ans du réalisateur de Le bon, la brute, le cinglé. D’une noirceur et d’une violence sans égal et jusqu’à l’écœurement, le film reprend le schéma classique du vigilante movie où un mari très beau et très remonté veut venger sa femme très belle et à la peau très douce, violée, torturée, décapitée et démembrée par pur plaisir sadique (celui d’un tueur pas beau du tout). Schéma classique parce que, forcément, le mari se sent coupable, et forcément elle était enceinte, et forcément il ne le savait pas et forcément il va se défouler grave.

La déception de J’ai rencontré le diable vient du fait que l’acharnement de violence dans ce jeu du chat et de la souris, du vengeur et de ses diables (le violeur et son propre démon intérieur) lasse, s’essouffle et ne suffit pas à tenir les 2 heures et des patates. Sans enjeux dramatiques majeurs sinon celui de la Loi du Talion, le scénario ne dépasse pas quelques lignes et le concept basique du vigilante. Kim Jee-woon ponctue son film de tentatives d’intrigues, de personnages qui ne font qu’une rapide apparition, de thèmes sous-abordés (le cannibalisme, entre autres), mais nous happe par la force de sa mise en scène et de ses plans sublimes (découverte de la tête du cadavre, premiers plans dans la neige, scène dans la serre…).

 

Vincent Cassel, dit Le moine, a lui aussi rencontré le diable dans le nouveau film de Dominik Moll, Le diable, un ami qui ne vous veut pas que du bien. La mise en scène est soignée, avec un véritable travail sur la lumière plutôt appréciable. Sous le feux des projecteurs et au cœur des paysages arides de la Catalogne, se déchaînent les passions vénéneuses d'une tripotée de culs-bénits. À faire pâlir les grenouilles de bénitiers, le film, largement inspiré du roman de Matthew Gregory Lewis, va jusqu'au bout du truc avec possessions satanistes et autres déviances chrétiennes. Ça se tient, notamment grâce à Vincent Cassel, complètement habité, mon double en acteur qui commence à se taper une putain de filmo, l'espèce d’enfoiré.

Jusqu’au-boutiste, c’est aussi Omar m’a tuer qui, comme dirait un très cher collègue et ami qui m’a envoyé sur les roses pour des vacances communes et qui a d’ailleurs menti à tous ses lecteurs puisqu’il ne possède même pas d’i-Phone, va jusqu’au bout de la page Wikipédia de l’affaire. Là non plus, il n’y a rien d’autre que cette volonté sans limites et sans enjeux de gracier ce pauvre Omar. On se demande encore comment tout cela est possible. Bordel de Dieu, c’est comme dans Desperate housewives, c’est toujours la faute du jardinier. Parce que bon, c’est quand même un peu gros, non ? Essayez d’écrire dans le noir après avoir été lacéré(e) à coups de hachette, en ligne droite sur une porte qui bouge et avec votre sang, "MG m’a niquer" ou "MG m’a niquait" (ça, c’est directement extrait des perles du Bac), et beh c’est pas évident, quasi impossible même. Quoi ?... Mais si, le Bac, l’espèce de diplôme que l’on essaie de donner à tout le monde, même avec de l’argent (putain, dur d’être jeune, dur d’être rebeu et dur d’être jeune et rebeu).

Jusqu’au-boutiste, tel le sera We need to talk about Kevin, le nouveau film de Lynne Ramsay. Grosse claque prévue à la rentrée, il sera sans aucun doute dans pas mal de top 10 des meilleurs films de l’année tant le film déploie une force et une énergie où la rage d’un gosse effroyable conduit une famille jusqu’en enfer. La réalisatrice n’hésite pas à prendre les chemins risqués d’une véritable expérience visuelle (le prologue pendant la Tomatina est absolument grandiose), chaque plan est sublimé sans jamais verser dans l’afféterie et vous ne verrez jamais plus un arrosage automatique de la même façon. En plus de l’effrayant Ezra Miller dans l’incarnation parfaite de Kevin (du Mal), Tilda Swinton, magistrale, donne corps à ce film qui vous fera sortir de votre léthargie post-vacances et pré-rentrée.

 

En attendant, vous pouvez toujours aller (re)voir le délicieux Beginners, vrai coup de cœur sensible, l’intelligent et sournois Pater, vrai coup de tête, et le sans intérêt (avant diffusion sur TF1) Switch, mauvais coup au cul.

 

Publié par MG, celui qui a niqué Florent Germond en l’ayant poussé du haut de la falaise (les loups avec) et qui peut enfin "pump it up" tranquille. Super belles vacances à tous.

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 12:00

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La seule image de l’ectoplasme Malick après avoir remporté sa putain de palme d’or.

 

Je vous avais laissé avec une critique pré-César et après vous l’avoir mis, aussi, dans le cul (ou autre part), critique pré-César où, d'ailleurs, je n’avais pas vraiment brillé de par mes déductions très Élisabeth Teissier. Ce fut donc une douloureuse attente pour vous, celle de me voir revenir avec ma prose digne des perles du Bac souillant le wallpaper trop nickel de ce soi-disant blog critique intello-gauchiste de gauche bobo-parisien et anarchiste (genre "On va péter la gueule à Allociné !") qui a, depuis, rythmé vos petites vies.

Le cinéma se vit aussi pour des événements "majeurs" : la sortie du Woody Allen, du Clint Eastwood (toujours aussi mauvais l’un et l’autre), les César que l’on regarde toujours parce qu’ils sont toujours aussi chiants, et Cannes où tous les films te paraissent tellement géniaux derrière l’écran de ta télévision que quand tu les vois débarquer sur grand écran, la déception te donne un big vague à l’âme.

Maintenant que le cinéma vibre pour moi et que je fais vibrer le cinéma avec des billets plus mal écrits les uns que les autres chaque mois quand je n’ai rien à foutre de mes soirées, il est donc temps de revenir avec un billet, histoire de pimenter vos vies tellement palpitantes que DSK en est devenu l’attraction phare. Allez, torchons ça vite fait avec les derniers films «grandioses» du 7e art pour que je puisse aller m’envoyer en l’air. Faisons avec ce qu’on a : Où va la nuit, Tomboy, La conquête, Animal kingdom, Minuit à Paris, American translation et The tree of life.

 

Où va la nuit ? Nulle part.

Tomboy : le nouveau film de Céline Sciamma est une excellente surprise, douce et frappante. Après Naissance des pieuvres qui ne m’avait fait ni chaud ni froid, Tomboy arrive, par sa fraîcheur, a nous donner un coup de sang et à devenir le film remarquable d’un début de printemps. À la fois troublant et émouvant, Tomboy, porté par une Zoé Héran au charisme fou, enivre par sa liberté visuelle, quitte à en faire un film solaire (je vous laisse chercher la définition du film solaire).

Dans ce joyeux bordel qu’est la politique (au sens le plus séminal du terme), La conquête apparaît comme un gros barnum circus. Enchaînements de déjà-vu et de on-sait-déjà, le film trouve son intérêt dans la galerie de personnages qu’il fait défiler, Sarkozy en Podalydès plutôt bon, Chirac absolument irrésistible et Villepin qui prend cher. Revoir Sarkozy dans une campagne de promesses, ça parle de lui-même, tant le bilan est mauvais (pouvoir d’achat, travail plus pour gagner plus, plan Marshall des banlieues, etc.). Le tout aurait fait un bon téléfilm sur Canal étant donné que le côté romanesque de l’histoire, et notamment la partie avec Cécilia, est très mauvaise, ridicule et mal jouée. On retiendra quand même le comique des piques vachardes, le Sarkozy version DSK ("Je suis un très bon coup"), et certaines situations très "contre-pied" (Dominique Besnehard se payant la tête de Ségolène en long, en large et en travers).

Voilà que la top surprise de l’année est australienne, et depuis quand le pays des kangourous nous offre des putains de films, hmmm ? Animal kingdom est absolument classique dans son sujet : la famille de truands, s’en extirper, ses lois infaillibles (aucune loi de famille au sens coppolien du Parrain, car les racailles, ici, ne sont pas glorifiées). Les acteurs sont remarquables, bonus pour la dragonne Jacki Weaver qui tient sa bande de fauves par les couilles. Le jeune James Frecheville ne passe pas non plus inaperçu, rappelant un certain Adam Butcher (Dog pound) par la rage sourde qui l'habite. Le réalisateur David Michôd réalise un tour de force en créant une atmosphère suffocante, utilisant, très judicieusement, une B.O. magnifique et des gimmicks sonores rappelant quelques bruits de savane où l’on se sent traqué en permanence. La surtension tient jusqu’au bout, en forme de coup de poing dans le plexus. Il y avait longtemps qu’un film ne s’était pas terminé avec une telle puissance…

 

Et sinon, le dernier d’Allen le croulant ? Une espèce de choux à la crème boursouflé reprenant, non sans ironie, le "meilleur" du cinéma français actuel, de Cotillard à Gad Elmaleh en passant par Léa Seydoux. En guest, la Carlita Sarko, plutôt bonne dans son rôle et qui n’achète même pas une baguette, merci le buzz foireux. L’intérêt de ce film réside dans les surprises qu’il réserve (les flashbacks dans le Paris historique et artistique) puisqu’aucun indice n’avait fuité hormis l’hideuse affiche avec son ciel vangoghesque. Malheureusement, ces flashbacks ne font que tirer sur la corde des clichés et du défilé de personnages, anecdotes trop intellectuelles en prime, genre "J’ai rien compris, offrez-moi donc la culture artistique pour les nuls". Woody Allen ne prend pas la peine de profiter de ses petits moments qui auraient pu être savoureux, il ne leur donne aucune profondeur, aucune importance, on flotte, on survole, avec, toujours, cette sensation de tout et de rien chez ce cher Woody qui a, on l’a bien compris, choisi la quantité à la qualité. De toute façon, c’était mieux avant, et puis Paris, c’est mieux sous la pluie. En tout cas, l’office de tourisme de Paris remercie grandement Woody pour ce spot publicitaire gratos.

Il y a des films où ce n’est pas nécessaire de taper dessus parce que c’est un peu comme dans Le Cid, "À vaincre sans courage" ou "Triomphe sans gloire" ou un truc dans le genre (faudrait quand même que je révise mes classiques). American translation ne passe que dans deux salles à Paris (CQFD) et c’est interdit aux moins de 16 ans (?). Le film n’est pas trash, le film n’est pas particulièrement sexuel, en tout cas dans ses images. Même s’il possède un grand capital sympathie (plus pour sa bande-annonce exaltante que pour son affiche dégueulasse), le film, animé par le duo Pierre Perrier et Lizzie Brocheré, assez séduisants mais pas assez justes pour être convaincants, ne décolle jamais vraiment, le pouls de la narration est plus proche de l’arrêt cardiaque que d’une piqûre d’adrénaline. Il y a quelques bonnes idées, les "lost in translation" des dialogues anglais, une belle photo (particulièrement quand les corps nus rappellent de grands tableaux romantiques) et une musique électro qui vient battre la cadence.


Terminons par l’inacceptable The tree of life, le film de toute une vie, de toutes les vies, de toute la vie de Malick en tout cas, ou quand le monde du cinéma te prend pour une grosse bille. The tree of life, ou le film épargne-obsèques à base de philosophie de bazar et/ou de spiritualité de comptoir. Grâce et Nature, Father, Mother and God : risible ! Vous aussi, dès aujourd’hui, réalisez votre Tree of life, non pas en 10 ans, mais en seulement 10 minutes. Petit atelier cinéma entre amis : filmez une copine courir pieds nus dans votre jardin, des gosses jouer au foot, un arbre par-dessous, un ciel par-dessus et des immeubles en verre. Au milieu, intercalez de belles images de chez Getty, un écran de veille Mac, des extraits d’Ushuaïa Nature, de Home ou de National Geographic. Finissez tout ça sur une plage et embrassez-vous tous. Pour rajouter un peu de piment, terminez par une grosse partouze façon orgie cosmique illustrant, bien évidemment, l’origine du monde avec un gros O comme un gros zéro…

 

Bon, voilà, c’est pas qu’on se fait chier, mais ça serait bien que les bons films arrivent sur nos écrans à un moment ou un autre [Note du patron : "MG, tout va s’arranger, y’a Transformers 3 programmé fin juin"].

 

Publié par MG, celui qui n’a plus assez de doigts pour compter les mauvais films en 2011.

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face
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Vendredi 18 février 2011 5 18 /02 /Fév /2011 12:00

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Allez hop, nouveau billet car, comme le veut la tradition, cinéma = César et César = billet sur les César. Sans grande originalité, mon billet portera sur les César donc, sauf qu’ils n’ont pas encore eu lieu et qu’ils n’ont pas encore été attribués (je joue à Madame Soleil, j’adore). Mais pas vraiment besoin d’attendre, en fait, pour célébrer le triomphe de Des hommes et des dieux (comme annoncé en janvier) avec un grand chelem attendu : film, réalisateur, acteur, photo, mise en scène, décors, meilleure soutane et meilleurs chants religieux.


C’est tellement chouette de vouloir réconcilier les César avec un beau succès public, ce qui est assez rare finalement, les goûts cinématographiques des Français étant souvent assez limités ("On va au cinéma pour se détendre, pas pour réfléchir" : à croire qu’ils passent leur temps chez eux à faire que ça, les gens, à réfléchir), et Les petits mouchoirs en ont été, encore, une belle démonstration. Il est sympa, Canet, mais de là à lui refiler un César pour sa daube, faut quand même pas déconner.

Finalement, ce scénario (celui de Des hommes et des dieux, suivez un peu) ne peut être écarté que par un autre, assez peu éventuel mais plébiscité apparemment par les récentes pubs sur Canal (qu’est-ce qu’ils ne feraient pas pour qu’on les regarde, ces César), à savoir une célébration totale des comédies merde in France. Depuis qu’on nous fait chier avec la création du César "comédie" pour célébrer les Boons, les Merads et autres neuneus de la poilade pas poilante, cela ne serait pas impossible. Cette année, les César ont donc sélectionné, avec bon goût, une pléiade de comédies et on pourrait donc avoir droit à ça : Le nom des gens repartira avec le meilleur film, la meilleure actrice sera Sara Forestier (se paye-t-on notre gueule ?), le meilleur acteur sera Jacques Gamblin (se paye-t-on vraiment notre gueule ?), plus L’arnacœur, plus Tout ce qui brille, plus Le bruit des glaçons… Du gros délire.

À part ça, espérer que Tournée (mon meilleur film de 2010) puisse créer la surprise me paraît soit probable à 16,7%, soit pas probable du tout. Peut-être que Kechiche va encore réussir à nous dérober quelques César avec sa Vénus noire et que Léa Seydoux et Grégoire Leprince-Ringuet repartiront enfin avec ce putain de César du meilleur espoir, sinon, je propose qu’on arrête de les nominer, ce sera plus simple.

Ces abrutis, après avoir laissé filer, jadis, J’ai tué ma mère, récompenseront peut-être, cette année, Xavier Dolan, et seront assez intelligents aussi pour attribuer le César du meilleur espoir masculin à Edgar Ramirez pour son rôle dans Carlos qui, de toute façon, a toutes ses chances face à un Arthur Dupont (Bus Palladium) dont la prestation s’apparente à celle d’André Manoukian dans un show de tecktonik. Et histoire qu’on ne s’emmerde pas trop, une récompense pour François Damiens mettrait un peu de piquant à la soirée. Mais d’ici à ce que ça se produise, on va surtout pleurer parce que Tout ce qui brille va repartir avec le meilleur premier film, Invictus pour le meilleur film étranger, Anaïs Demoustier en espoir féminin pour D’amour et d’eau fraîcheet Niels Arestrup va choper le meilleur second rôle pour L’homme qui voulait vivre sa vie. Pourrie qu’elle est, cette vie.


Sur ce, je vous souhaite bon courage pour vous taper un défilé d’acteurs ringards (Delon et Lagaf’ seront-ils là ?), des discours à chialer sa mère et des gags pas drôles (de Caunes étant moins fun que Zemmour ; oui, c’est possible). Et ne pas zapper aussi les incontournables moments de niaiseries contestataires, genre le cinéma se meurt, les intermittents aussi, le téléchargement c’est pas bien, blablabla… Pour finir, bonne chance encore parce que se fader la tronche de cake de Mitterrand toute une soirée, ça donne la diarrhée et l’envie de ne plus vouloir mettre les pieds en Thaïlande. Quant à moi, je pars en week-end avec Marina, Roschdy, Nicolas et Élodie (les vrais oubliés de ces nominations) m’amuser à poil dans la farine.


Publié par MG et remixé par mymp, ceux qui préfèrent aller aux Chandelles plutôt que mater les César.


En plus : les César 2010 sur SEUIL CRITIQUE(S).

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face
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Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 12:00

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Janvier, c’est là que tout commence, genre origine de l’année cinéma, et sans aucun gros raccourci, origine du monde [Note du patron : "MG, je crois très sincèrement que tu as besoin de faire un break..."]. Janvier 2010 avait mal démarré, Invictus, A serious man, In the air, Une petite zone de turbulences, Le siffleur, Agora... Rien n’avait fonctionné. Seule une femme, Jane Campion, avait réussi à sauver le mois avec son brillant Bright star. Forcément, on croisait les doigts pour ce nouveau janvier en se disant que mettre toutes les chances de notre côté n’était pas une si mauvaise idée.

Conclusion : en janvier 2011, faisons appel à des histoires de femmes pour un succès garanti et, surtout, ne parlons pas du énième film raté d’Eastwood avec Cécile de France (what the fuck?!) et l’acteur américain comparé à Kad Merad pour le nombre de films faits en même temps, Matt Damon. Comme si le vieux réac’ Clint avait besoin de nous prouver qu’en plus de ne pas savoir filmer les salles de boxes, les grosses bagnoles et les matchs de rugby, il ne savait pas non plus filmer l’au-delà. Pour preuve, les effets spéciaux niqués et l’esthétique façon "retour de Lovely bones" (les sachets pour vomir tomberont automatiquement). Passons donc et revenons plutôt à nos gonzesses.

 

Femme = origine du monde. Origine du monde = janvier. Janvier = Femme.

 

Tout a commencé le 12 janvier avec la sortie du nouveau bijou de Sofia Coppola. Bien sûr, il y a des saphirs, des diamants, des émeraudes tape-à-l’œil et ringards, mais il y a aussi des perles de culture et Sofia Coppola est de celles-là, discrète, charmante et élégante. Somewhere est sûrement son film le plus triste ; jamais elle n’a atteint une telle beauté dans la tristesse quand ses héros se reposent, allongés sur des transats et que la caméra s’éloigne au son des Strokes, ou quand Stephen Dorff mange son plat de pâtes, seul dans un appart’ plongé dans un clair-obscur contemporain. Somewhere est sûrement le film de la maturité pour Sofia Coppola, elle retrouve la poésie du vide, de l’ennui, d’un homme perdu dans la translation du Château Marmont où les superstars aiment à déchoir.

Elle retrouve également l’incompréhension face à la tristesse qui a mené une bande de jolies blondes au suicide, ou une autre belle blonde (la même en fait) à la débauche luxuriante. Qu’il se balade dans cet hôtel inanimé ou qu’il s’endorme entre les cuisses d’une pouf, Johnny Marco est seul, de cette même solitude qui habite tous les anti-héros chers au cinéma de Sofia Coppola. Somewhere est un film magnifique qui se passe quelque part, longs couloirs, décors de piscine artificiels, jacuzzis trop petits. C’est aussi le film le plus drôle de Sofia Coppola (les textos teintés d’humour noir que reçoit Johnny, les stripteaseuses qui rembarquent leurs barres et éteignent le poste après avoir levé les fesses).

Ceux à qui la poésie ne parle pas, qui ne se laissent pas glisser dans ces voyages oniriques de beautés et de mélancolies, ne trouveront rien d’autre à dire que ces piteux arguments : film de la fille de, film sur du vent d’une bourgeoise orgueilleuse, musique façon jackpot en droits d’auteur pour le mari, film favorisé par un ex à Venise… Des arguments tellement bas qu’il vaudrait mieux ne pas les entendre et qui passent à côté d’un grand film duquel, à l’inverse, il faudrait vanter la photographie, la mise en scène, la poésie et la justesse de la bande originale.


Et si l’on parle de femme encore, on en arrive évidemment à Marilyn Monroe, héroïne par hasard du film Poupoupidou. Là où la critique a incendié Somewhere, elle a crié au chef-d’œuvre pour Poupoupidou (dès fois, on marche un peu sur la tête). Poupoupidou est bien sympa avec ces petits moments d’humour offerts par Jean-Pierre Rouve et Miss Météo de Franche-Comté, mais franchement, pas de quoi sauter au plafond, l’intrigue n’est rocambolesque que pour un auteur qui n’écrit plus.

Et même si, parfois, le scénario délivre quelques moments drôles et originaux (l’ouïe fine de Rousseau, les ressemblances avec la vie de Marilyn), il n’évite pas les lourdeurs (la tenancière gothique de l’immeuble, le mec qui gueule à poil dans l’arbre "Je veux de la chatte !", ou le côté queer que prend, par instants, le film) ni les maladresses, notamment dans le côté tragique de la vie de Candice entre cachetons et grossesse, que la musique relou vient, parfois, surligner inutilement.

Dans le pas bon, je rajouterais aussi certains flashbacks filmés comme une pub de parfum (esthétique télévisuelle trop attendue), et pas pour n’importe quel parfum, le N°5 de Chanel (d’ailleurs, le seul endroit où l’on s’attend vraiment à découvrir un 5, c’est sur le flacon, mais quand GHM s’arrête sur un flacon Chanel, il est… sans étiquette !). Le film de GHM ne dépasse jamais le stade du film vite oublié qu’on tentera de nous vendre comme la pépite française de 2011. En même temps, c’est sûr que si la référence, c’est Les petits mouchoirs (même pas nominé aux Césars, cérémonie vraiment injuste et trop intellectuelle), on part de très loin. Heureusement, Rien à déclarer va sûrement remonter le niveau.


Les femmes sont aussi à l’honneur chez JR qui, après avoir investi le monde, s’était posé à Cannes et dont le film sort, enfin, sur les écrans. JR se décrit lui-même comme l’artiste qui a "la plus grande galerie du monde" et nous propose de la parcourir. Dans son film, il donne la parole à ces femmes dont les yeux, remplis d’espoir, ont envahi les murs du monde entier sous le regard des hommes. Dans son film à la bande-son magnifique (signée Massive Attack), JR dévale les ruelles des favelas, surplombe tous les territoires entre poésie de l’éphémère et monumentalité de l’œuvre ; œuvre proche du land art quand ses portraits se retrouvent sur le toit d’un train parcourant le Kenya comme un messager d’espoir au travers de grimaces, d’yeux brillants, de femmes pétillantes qui ont décidé de prendre les choses en main et de ne pas se laisser faire face à la violence des hommes. Un vrai message de vie et d’optimisme que laissera ce film sur des femmes qui ont eu, l’espace de quelques instants, l’impression qu’on les regardait enfin telles qu’elles étaient. Women are heroes.


Enfin, c’est aussi sur une femme que le film de Denis Villeneuve, Incendies, se concentre. Autant être clair direct franc sans tabou tout de suite maintenant, Villeneuve est aussi subtil qu’un char d’assaut de mille tonnes dans sa mise en scène. Incendies est écrit en gros et en rouge, aussi larmoyant qu’énervant, aussi loupé qu’il aurait pu être réussi (?). Incendies est bancal avec son scénario assez tiré par les cheveux, et jusqu’au retournement de situation final tellement (in)attendu qu’on gueule autant que l’actrice principale. Non sans blague, le truc est aussi discret que la Tour Eiffel dans Paris, et pour nous l’enfoncer bien profond, on n’hésite pas sur le méli-mélo confus du récit, l’esthétique léchée et les mouvements de caméra pénibles. Malgré une intrigue plutôt intéressante, tendance peinture de guerre, le côté mélodrame ne casse pas vraiment la baraque.


Allez, rendez-vous dans quelques jours pour remettre le stock de Césars à Des hommes et des dieux, et surtout à des hommes pour pouvoir remonter ce mois de janvier finalement bien trop féminin.


Publié par MG, démocrate de la critique cinéma, réélu en 2011 avec 100% des voix.

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Samedi 1 janvier 2011 6 01 /01 /Jan /2011 00:00

Il était où MG, à Noël ? On peut savoir pourquoi on n’a pas eu de billet en décembre ? Parce que… Parce que… Tu sais où il était, MG, en décembre ?… Dans-ton-cul ! À Noël, on s’est fourré la dinde. Au Nouvel An, on va fister MG. Fister MG ? Mais vous avez perdu la tête ?... Et pas la peine d’envoyer une lettre désespérée au courrier des lecteurs de votre hebdomadaire favori : "Cher journal, je t’écris ce petit mot car j’ai vraiment besoin de ton aide. Je suis sûr que tu trouveras la solution à tous mes problèmes. Mon fantasme est de fister mon chroniqueur cinéma préféré, il se refuse à moi, que faire ?"

Réponse du Docteur Zélie, vague connaissance de MG, qui intervient dans tous les hebdomadaires favoris : "Très cher, j’ai bien sûr la solution à ton problème, j’en ai même plusieurs, le tout étant très simple : tu dois t’introduire analement dans MG le plus rapidement possible, en cachette, comme ça l’effet de surprise ne sera que démultiplié, et le MG ne pourra résister à tes avances et succombera à ton poing ferme et bien galbé. Pour cela, trois temps-clé : au moment où, légèrement cambré vers la borne UGC de retrait de billets, il s’apprête à faire glisser sa carte d’abonné dans la fente prévue à cet effet, je te laisse, d’un poing déterminé, pénétrer sa fente à lui désirée ; et si, par timidité, tu n’as osé le faire dès votre première rencontre à l’entrée du cinéma, tu peux toujours, au moment où MG va venir s’asseoir à côté de toi (il ne pourra résister), le distraire d’un petit sourire aguicheur et, aussitôt, poser ton coude poing levé sur son siège. Tu fais mine de lui ouvrir le siège par courtoisie, et hop, là tu réalises le pourquoi du comment du pourquoi que tu m’as écrit.

Enfin, et si là encore tu échoues dans ton désir de tremper ta plume dans le pot d’encre de ton chroniqueur jusqu’à t’en faire perdre tous tes moyens, il reste une solution : au moment du générique de fin, quand, après avoir remis son manteau, il se lèvera pour quitter la salle, tu lui lances, d’un ton déterminé : "MG, puis-je te fister ?". Cette demande devrait lui procurer une telle surprise qu’il en retombera sur son siège où tu auras placé ton poing comme décrit à l’étape précédente, et hop, le tour est joué ! Très cher, n’hésites pas à nous envoyer les résultats de ta petite aventure. Au plaisir de te lire, ton infirmière nue sous sa blouse, DZ."


Le mot fist devrait, normalement, m’apporter des lecteurs supplémentaires grâce à des recherches Google fort hasardeuses, et c’est pourquoi je vais livrer aux nouveaux venus mes tops 2010. Alors évidemment, ça ne t’intéresses pas autant que la vidéo de ce chat qui tombe d’un tabouret et que tu tweetes-googles-buzzes comme un fou via tes Facebook’s friends, mais je balance la sauce quand même parce que je suis un rebelle et parce que ce post va te confirmer que je ne suis pas censuré par mon bien-pensant patron bien-aimé [Note du patron : "D’ailleurs MG, à quoi rime vraiment cette rubrique ? Et j’aimerai savoir aussi pourquoi je reçois soudain plein de messages pressants de Gros-braquemard78 ou de Fesses_en_folie69 dans ma boîte mail… Je t’ai déjà dit que je n’étais pas ta secrétaire..."] qui, sûrement, tentera de griller mon top en postant le sien à quelques minutes d’intervalle, le bougre. Voici donc un top 13 parce que 13, ça porte malheur, 13, ça fait flipper et que 10, c’est trop la lose en fait. On n’est pas chez Télérama ici, mon gars !


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Top 2010 : bandant

 

2010 en fait, c’est une histoire de gonzesses pulpeuses et généreuses qui finissent avec un paumé sur une île abandonnée où y’a un type qui est en train de se shooter dans les chiottes, puis son esprit s’envole, surplombe la ville, d’ailleurs à l’autre bout de la ville, y’a un mec qui fait un cunni à une blondasse comme s’il mangeait un plat de spaghetti bolognaise Panzani, et si c’est Panzani, j’en veux aussi. Véritable épopée de la jeunesse, déguisés en loup ou en trois pièces, ils finissent toujours par se tailler des costards. De toute façon, on se fait pas des milliers d’amis sans se faire quelques ennemis. En même temps, les Arabes et les Juifs sont plus capables de te péter la gueule, reste que les roux, donc forcément, on s’inquiète plus trop. Qu’on les défonce !

Ou alors on se fait une méga orgie dans la farine ? Mais entre amis, comme ça, enfin c’est de l’ordre du fantasme bien sûr, comme croire qu’un jour Tom Cruise refusera les avances de Cameron Diaz en lui proposant plutôt une douche si elle a chaud au cul. Bon, ça manque un peu de poésie ce billet, en même temps je suis pas amnésique et je suis pas fasciné par les abricots. Mais bon, je me répète, un plan à trois ça peut le faire, surtout si on fait ça dans les feuilles mortes d’automne en écoutant Vive la fête (à la québécoise quoi).

Arrêtez de faire vos vierges effarouchées, vous allez pas me dire que vous préféreriez finir seul, alone, enfermé dans un cercueil sans savoir pourquoi et même si je vous laisse un BlackBerry parce que je suis pas une pute ?… Et pas la peine d’espérer qu’un super-héros vienne vous délivrer, aujourd’hui les super-héros n’ont plus de pouvoir, ils confondent Barbie et Kalachnikov, et y’a plus qu’à leur botter le cul. Car après tout, on a tous un tueur à l’intérieur de nous, jusqu’au bout, année du Kourtrajmé en version longue, la révolte jusqu’au bout te dis-je. Hasta siempre, comme aurait dit le barbu, d’ailleurs y’a quatre lions barbus qui loupent le top de pas grand-chose, peut-être d’un ou deux zooms dégueulasses.

 

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Top 2010 : pas bandant


Et parce que tu veux encore du rebelle, tu auras mon top des films où je n’ai pas trop bandé du tout.


1 / Film socialisme

2 / Oncle Boonmee

3 / Les petits mouchoirs

4 / Copie conforme

5 / A single man

6 / A serious man

7 / Shrek 4 (j’avoue, petite érection quand même avec les scènes du Chat potté)

8 / Homme au bain

9 / Vénus noire

10 / The American


Alors bien sûr, tu peux dire qu’il y a eu plus nul, beh oui, y’a quand même eu aussi Plein sud, Iron man 2 et Les meilleurs amis du mondeAllez, sur ce, c’est l’heure de se faire la bouteille de champagne. Mais fais gaffe : tout ce qui rentre ne ressort pas forcément.


Publié par MG, celui qui te souhaite de kiffer 2011.

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face
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Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 10:10

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En novembre, c’est à Rungis que ça se passe !

 

Novembre 2010, mois kif-kif bourricot (comprendre qui voudra), MG dans ta face ou la première chronique destinée à un lectorat vernaculaire. Objectif 2012 : MG président. Putain, déjà deux lignes pour ne rien dire. Allez, gratte, gratte ! Sinon dans un mois, c’est Noël, et les cadeaux te font déjà de la lèche dans les vitrines depuis des semaines. Oui mais voilà, les 33% d’endettement sont atteints, et euh… ben voilà, tu te sens concerné(e) quoi, concerné(e) par la baisse du pouvoir d’achat. Voilà enfin une priorité essentielle. À côté de ça, le cinéma n’est qu’un art futile, aussi futile que l’art d’ailleurs, loin de tes réelles préoccupations, tu ne vas donc pas au cinéma, tu ne comprends pas ces sales critiques bourgeois parisiens qui ne te comprennent pas non plus (normal, eux ont du pouvoir d’achat, je te le disais, tout est question de pouvoir d’achat).

Enfin bref, le seul truc qui t’intéresses en cette fin novembre, c’est ton maigre salaire qui va enfin t’être versé (fuck les patrons ! - Note du patron : dois-je me sentir fondamentalement visé, MG ?) ; mais putain de bordel de merde, dans quel film dois-je mettre les seuls 10 euros qui me restent après avoir épongé mon découvert ? À ça, je vais te donner la réponse et plus encore, baby. Pour quelles bonnes raisons il ne faut pas aller voir ce film-ci ou ce film-là et ainsi économiser les seuls 10 euros qui te restent, parce que moi, oui moâ, je n’ai pas de pouvoir d’achat aussi.

 

Tu n’iras pas voir Biutiful parce que Javier Barderm a une coupe mulet et ça, c’est tellement ringard que ça fait mal aux yeux et que ça devrait être interdit. Si tu vas au cinéma, c’est pour te détendre et surtout pas pour réfléchir à la condition humaine en étant mal coiffé. Iñárritu a fait de bien meilleurs films : Amours chiennes, 21 grammes… Et puis tu ne vas pas au cinéma pour te flinguer la journée ou te déprimer la semaine ou pleurer toutes les larmes de ton tout petit corps.

Au fond des bois, que de bonnes raisons aussi de ne pas voir ce film. Déjà, regarde près de chez toi, tu verras qu’il ne passe pas parce que personne connaît ce film, et si en plus tu payes pour un film dont tu ne pourras même pas te vanter parce que personne le connaît, alors ça n’a foutrement aucun intérêt. Parce que… euh… ben, c’est bizarre quoi. Pas compris moi, toi ?… 

L’homme qui voulait vivre sa vie, j’vais quand même pas payer 10 euros pour voir ça, si ? clame Gérard à l’entrée de l’UGC Johnny Hallyday de Breux-sur-la-Garonnette. Nous remercions Gérard pour son avis consommateur et MG se joint à Gérard parce que le consommateur à toujours raison, et MG aussi bien sûr. Tout le monde l’a vu de toute façon, alors demande plutôt à tes collègues de bureau de te raconter le film (et même la fin), ça va leur faire plaisir et ça te coûtera pas un rond. Ça, c’est un vrai conseil malin.

Marina Foïs y est mauvaise (alors qu’elle était fabuleuse dans Happy few et Non ma fille, tu n’iras pas danser) et Romain Duris particulièrement énervant. Histoire vue et revue, c’est super-chouette de vouloir vivre sa vie, mais faut la gagner sa vie, oui Monsieur, faut bien bouffer et payer son loyer, alors trêve de conneries utopiques. Et puis faut le dire, la réalisation n’est vraiment pas ambitieuse, mais alors vraiment pas ; pour un film sur la passion de la photo, ça manque un peu d’intérêt photographique justement, pourtant le Lartigau, il s’est bien entouré, mais bon…

 

Belle épine, c'est quoi ça déjà ? Ah oui, le premier film de Rebecca Zlotowski. Deux bonnes réponses à la question "Pourquoi ne pas allez voir ce film ?". 1 - Le nom de la réalisatrice est imprononçable, du coup, ça donne ça : "Tu es allé voir quoi ce week-end ? - Belle épine. - C'est de qui ? - Euh… ", et là mon gars, là ma chérie, c'est le drame. On va pas payer 10 euros pour être ridicule quand même, non ? 2 - Et pourquoi ça s'appelle Belle épine d’abord ? Pourquoi pas Créteil soleil ou Val d’Europe ? Si en plus le titre n'est pas clair, alors où on va ?

Et puis un film français sur le deuil et l'adolescence sans une scène à la piscine avec des ados qui se tripotent dans les vestiaires, ça n'a pas d'intérêt, surtout si pour remplacer la piscine et les touche-pipi sous la douche, on balance des frotti-frotta dans une chambre froide sur le marché de Rungis… Bonjour l'angoisse. Mais quand même : tu risques de voir Léa Seydoux dans un de ses meilleurs rôles, après La belle personne, et Johan Libéreau dans un très bon rôle aussi depuis Les témoins de Téchiné.

Vénus noire, le futur film aux dix mille Césars, faut y aller, c’est sûr. Mettre 10 euros pour un film qui est nominé aux Césars et pas aux MTV Awards, ça n’a pas de sens, et y’a pas que ça, y’a aussi le fait qu’avec Kechiche, plus c’est long, moins c’est bon, et là, ça fait quand même 2H40 gamin(e), alors ça calme. Y’a aussi le fait qu’à vouloir faire dans le réalisme cru, froid et sans empathie, ça vire juste dans le pénible et le glauque. Y’a aussi le fait qu’à force de vouloir nous choquer, nous indigner et nous rendre coupable, ça devient juste relou. Y’a aussi le fait que ça commence à devenir insupportable ces films qui se terminent par trois lignes de texte, là il nous rajoute carrément des images d’archives… N’en finira-t-on donc jamais ?

Et pour quelles raisons valables il faut pas aller voir The American, alors que bon, George what else quoi ?! Parce que t’as vu la bande-annonce et qu'elle n'a absolument rien à voir avec le film, tu vas être très déçu(e). Parce que même si tu payes 10 euros pour 1h30 de film et que t’as l'impression d’y rester 3 heures (ce qui peut être un argument de vente, d'économie, voir d'investissement réussi), il y a de très fortes chances pour que tu t’endormes, donc c’est bien trop risqué de tenter le coup. Et parce que même les pubs Nespresso sont plus captivantes que le film, c'est dire le film, tu vois.


Alors, bien sûr, t’as vu les affiches de Potiche partout, les petits post-it et tout ça, ça te fait marrer grave (t’as toujours rêvé de jouer à ce jeu), alors tu te dis "Je vais claquer mes 10 euros dans ce film", et heureusement, heureusement j'arrive in extremis pour t’empêcher de faire la bourde du siècle parce que Potiche véhicule des idées malsaines et contre-nature (donner aux femmes le droit de penser, de prendre des décisions, voire de frôler le pouvoir) ; en plus, le film suggère une sexualité désinvolte, ce qui ne peut être accepté, pas même qu’une relation purement homosexuelle, quelle honte ! Mettre 10 euros dans un film qui tente de détruire nos valeurs morales est inacceptable, Madame ! Et puis bon, voir Catherine Deneuve, cette grande icône du cinémâââ français, dans un jogging obscène mater une lapine en train de se faire piner, est une vision qui va heurter la sensibilité des plus jeunes et des plus vieilles. En plus Ozon ose caricaturer notre respectable président et ça, c'est tout bonnement un scandale ! En prison, le Ozon !

Tu te demandes donc quel film tu vas bien pouvoir aller voir, tu te demandes "Mais où vais-je bien pouvoir foutre mes 10 euros ?", ô toi lecteur lectrice fidèle et distingué(e). Halte là, manant(e), j'ai la réponse : Buried. Parce qu'il n'y a pas d'équipe technique, pas de décors, pas de costumes, pas d'effets spéciaux et juste un seul acteur hollywoodien supportable (comme ça au moins t’es sûr que tes 10 euros iront à ce flan de Ryan Reynolds et pour sa Scarlett adorée). Parce qu'un animal a été maltraité pendant le tournage (non non, je ne parlais pas de Reynolds), parce que le film prouve qu'un Blackberry n'a jamais besoin de batterie ni de réseau, parce que c'est un peu le principe des livres dont vous êtes le héros, tout le long du film tu peux gueuler "Non, fais pas ça !", "Mais putain, le briquet, éteins le briquet, tête de buse !", "Putain mais non, nooon, noooooon !". Bref, pour 10 euros, tu vis plus qu'un film, ma cocotte, tu vis une véritable expérience.

 

Je t’avais promis du pouvoir d'achat, je t’offre du pouvoir d'achat, et en décembre, tu pourras aller voir le premier volet machin truc d'Harry Potter bidule, et ça, c'est le plus beau des cadeaux de Noël. Et en 2012, don't forget, vote MG, LE président du pouvoir d'achat !

 

Publié par MG, celui qui est au pouvoir d'achat ce que le kangourou est à l'Australie et au slip : un truc en voie d'extinction.

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face
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Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 09:09

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Depuis la nuit des temps, la vie est faite de chiffres... C'est avec cette phrase sublime et solennelle que j'ouvre ma 2e rubrique sur ce blog qui souffle actuellement ses 3 bougies, une bise au patron. Octobre, c'est 2 160 000 secondes avec un film vu toutes les 7 200 minutes. Ma rubrique, c’est 642 signes ; l'équation est simple, presque aussi simple que l'algorithme qui précéda Facebook. Chronique en chiffres donc, ou comment prouver par A+B que le patron n'a pas toujours raison.


Ils sont 3, ils sont beaux, ils s'aiment à mort, enfin pas lui. Ou pas elle, ou pas lui. Cercle infernal de l'amour destructeur, film terriblement drôle et profondément triste. Grandiose. On pourrait en parler des heures, mais 51 mots suffisent pour dire que le 2e film de Dolan est magnifique.

À cette époque, on baisait sans complexe, Noir Désir rythmait les boums d'ados et Simon Werner avait disparu. Teen movie 90’s à la française qui brasse du vent dans une construction alambiquée qui ne sert à rien, avec des filtres colorés donnant de l'épaisseur à un décor "plus belle la vie" et un gimmick musical assuré par Sonic Youth. Ce n’est pas terrible, assez fantasmagorique, vite oublié. 1er film plébiscité par les autres critiques, et seulement les autres. Simon Werner a disparu et au final, je m'en branle un peu comme de l’an 40.

Ce mois-ci, j'inaugure en fanfare la rubrique du pire film du mois avec Les petits mouchoirs, soit 8 potes en vacances, 1 pote qui crève sur son lit d'hôpital et 150 minutes interminables. À chialer tellement c'est nul, tellement ça va faire 3 000 000 entrées, tellement c'est à vomir de bons sentiments, tellement c'est rarement drôle et surtout pitoyable. À chialer tellement Marion Cotillard tient là son pire rôle, tellement Canet s'est vautré, et tellement on a envie de se moucher dans ces Petits mouchoirs jetables, whaou z’y va la répartie de ma-la-de [Note du patron : "MG, t’es viré, merci de ne plus traîner ici."].

On termine par le film des chiffres, celui qui va battre tous les records en dizaines et dizaines de milliards de dollars. The social network, The facebook, Facebook, qu’importe, épopée 3.0du nerd de la guerre Mark Zuckerberg et de son seul véritable ami perdu Eduardo Saverin et de son seul faux ami gagné Sean Parker. Plus loin que la création de Facebook, il y a le portrait en creux de notre système social mondial global ; Steve Jobs, Bill Gates, Mark Zuckerberg, ces pov’ types dominent le monde et ça, c'est kiffant. Après le mitigé Zodiac, après le mauvais Benjamin Button, Fincher revient au grand film. Justesse, intelligence, dialogues à la Kalachnikov, ou comment rendre bandante l'histoire du plus antipathique des connards.


Bonus : entre 1970 et 1990, sont nées 88 personnes portant le nom Jospin, 13 033 Mathieu, 4 Sarkozy, 65 085 Martin et 23 Benmahmoud, pourtant, dans Le nom des gens, il n'y a qu'une Bahia Benmahmoud, et pas brésilienne pour 2 sous. Le nom des gens, histoire de la rencontre entre Arthur Martin, français de base car bon, y'a plus d'un âne qui s'appelle Martin mais pas un seul qui vote Jospin, et l'unique Bahia Benmahmoud qui a décidé de baiser avec des fachos pour les convertir à sa cause gauchiste, juste au moment de l'orgasme, ce qui fait au moins 53% de français. Comédie populaire plutôt burnée qui s'amuse avec un paquet de clichés de façon audacieuse sans éviter quelques maladresses notoires. Malgré tout ça, on a envie de le défendre pour les scènes de la burqa, la Marseillaise, le mariage blanc, la panoplie Moulinex, Jospin collector et les canards morts. Sortie le 24 novembre.


On se retrouve dans 43 200 minutes. En attendant, on retourne voir Kaboom pour prouver que le patron n’a vraiment pas toujours raison [Note du patron : "MG, qu’est-ce que je t’ai dit ?"].


Publié par MG, celui qui a poké ta mère.

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face
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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 09:54

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Septembre 2010, c’est la rentrée. Allons exposer nos teints hâlés dans les salles obscures, passons des chouchous au pop-corn, de la serviette au fauteuil, des lunettes de soleil aux lunettes 3D. Enfin non, pas de lunettes 3D ce mois-ci puisque je n’ai pas eu la "chance" de voir A Serbian film en 3D. T’es obligé de te taper Alice et les lapins de son pays des merveilles à la con en trois dimensions, mais les viols de nourrissons, eux, se font encore en deux dimensions. Le monde est super mal fait. Alors oui, cher lecteur déjà déçu par les quelques lignes de ce premier billet, je n’ai pas vu Piranha 3D (j’ai le sens des priorités), mais vu cette gueule déconfite que tu tires en te disant que même dans deux ans, ce type n’aura toujours rien compris au cinéma, alors je t’en ferai la critique le mois prochain.

Car oui, je t’en foutrai plein la face en octobre, encore, cette rubrique n’étant pas mono-billet. Teaser : en octobre, MG déchiquettera de la blondasse pour que tu aies ta dose d’hémoglobine 2.0. So hot avec smiley qui essuie la goutte qui perle à son front. Et si toi aussi tu es un grand cinéphile, si tu vas plus de deux fois par mois au cinéma, si on te demande toujours "Tiens, y’a quoi au ciné en ce moment ?", ce à quoi tu réponds depuis trois mois : "Inception !", allez l’ami (oui, je sens déjà une complicité s’installer entre nous), I’m gonna give you my little help (cette chronique s’exporte aussi à l’international).


Pour ton boutonneux de frère que tu as surpris dernièrement se mesurant les parties intimes devant sa glace, je conseille Be bad!. Ou comment apprendre à pécho en se prenant pour Clyde Barrow. Alors oui, celui qui avait foutu la petite Juno en cloque a encore les bourses qui démangent. Seul souci, ici il se fait rembarrer. Sur le postulat classique mais tellement véridique que les filles kiffent les rebelles (et les mecs qui jouent de la guitare, et les mecs qui ne disent rien mais écrivent des poèmes), Michael Cera fait ressortir le petit démon qui est en lui pour faire hum hum avec la petite blonde qui sera forcément la mère de ses enfants. Michael Cera en rebelle, jusque-là c’est drôle, surtout quand le rebelle à un nom de petit Français (à prononcer à l’américaine, c’est une évidence), mais dans le film il ne fera rien de plus que renverser son bol de céréales et cracher sur la moquette, ou inversement. Le reste est dans la bande-annonce, c’est plus court et c’est plus drôle.

A Serbian film, film que je conseillerai à ta moitié si elle a des envies de fraises et qu’elle a déjà acheté son test Clearblue. A Serbian film est un gros buzz en soi, interdit partout, pas de distributeur en France, et c’est censé être le pire film que t’aies jamais vu. Sacrées promesses. Mais ce n’est ni le film d’un génie ni celui d’un décérébré qui mérite la douche froide, c’est juste un film jusqu’au-boutiste, crade et sans grand intérêt à part celui de faire jaser.

Rudo et Cursi, si tu crois encore que le look de footballeur fait fantasmer les filles, si tu crois encore qu’être chanteur fait aussi fantasmer les filles, alors ce film est pour toi. Production low cost qui sort un peu de nulle part, à part des cartons. C’est le film dont-tu-sais-pas-trop-d’où-y-vient-ni-comment-ils-ont-réussi-à-le-faire-vu-le-petit-budget-mais-qui-te-fout-bien-la-banane. Une espèce de famille brésilienne mais au Mexique et en sympathique. Grouille-toi, demain ils le déprogramment !

Pour mamie Jacquotte qui a toujours eu des idées pas vraiment catholiques par rapport à Lambert Wilson, je conseille Des hommes et des dieux. Le dernier Grand Prisé de Xavier Beauvois ne réussit jamais, dans les deux heures qu’il propose, à faire cohabiter le fond et la forme. Alors qu’il est scénaristiquement intéressant, Des hommes et des dieux est formellement emmerdant. Film très premier de la classe qui manque de souffle et se terminera, comme convenu, par quelques lignes de textes sur un écran noir. Il ne décevra sans doute pas ladite mamie Jacquotte grâce à son boys band d’acteurs en soutanes et robes de bure. Pour les autres…


Si tu es beau, vigoureux, trentenaire et que tu fantasmes d’un plan à trois, passe direct au plan à quatre avec Happy few. Anthony Cordier nous fait découvrir l’histoire d’un quatuor amoureux, de corps qui se rencontrent et de sentiments qui s’emmêlent. Entre sexe et émotions, sans malaise ni vulgarité, Happy few est un film poétique, voire pudique. Mention spéciale pour Marina Foïs qui, à chaque fois, est une nouvelle révélation. Happy few, ou le film qui donne envie de se faire rouler dans la farine.

Si tu aimes les mecs (de la crevette au bodybuildé), je te conseille Homme au bain. Le dernier film très attendu d’Honoré est un échec total, tout simplement. Il conviendra plus tard de le ranger entre les sex tapes et les films de vacances du réal plutôt qu’entre tes DVDs de Non ma fille, tu n’iras pas danser et de Chansons d’amour. Malgré de très belles scènes, comme celle avec Dennis Cooper ou celle avec un petit minet en fourrure dansant sur Girls, Homme au bain passe sans laisser aucune trace. Honoré sait faire de très mauvais films (17 fois Cécile Cassard), d’excellents films (Les chansons d’amour, Dans Paris, Non ma fille, tu n’iras pas danser) et des films sans intérêt (Homme au bain), c’est sûrement pour ça qu’il est un réalisateur talentueux. Mais là, on a juste envie de lui dire «Next!».

Chaque mois, il y aura "le film du mois", et ça se passe d’explication. Ce mois-ci, c’est Romain Gavras qui défonce l’écran avec Notre jour viendra. Premier film d’une maturité rare, Notre jour viendra dépeint, entre Noé et Dumont, l’exode nihiliste et foutrement libertaire, vers une terre promise, d’un babache du Nord (Olivier Barthelemy, LA putain de révélation) et d’un psy désabusé (Vincent Cassel, LE putain d’acteur) à travers un no man’s land industriel. Vertigineux, assoiffé, puissant. Romain Gavras, réalisateur burné, restera sûrement un artiste incompris. Tant pis pour les autres.

À Cannes, le cinéma asiatique proposait Poetry (prix du scénario) et Oncle Boonmee, celui qui patati patata (palme d’or paraît-il). Aux cinéphiles avertis (enfin ceux qui vont plus loin que Les meilleurs amis du monde), je suggère Poetry, l’un des plus beaux films de l’année, véritable puzzle d’émotions et d’intelligence comme une caresse de gravité, la vraie palme d’or du Festival. Je vous épargnerai ma critique d’Oncle Boonmee, n’ayant pas envie d’intégrer le pool rédacteurs cinéma du Figaro (ou de froisser Anna, la première groupie de "MG dans ta face").


Bonus : si c’est ton anniversaire et que tu rêves d’un space cake à la place d’un fondant au chocolat Alsa, prépare-toi à l’effet Kaboom. Le nouveau Araki est à faire bander les morts. Plus dingue tu meurs. Kaboom, c’est comme MG, c’est direct dans ta face. CQFD.


Publié par MG, celui qui reviendra en octobre avec cette rubrique à se taper le cul par terre.

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face
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Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 09:30

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Même le mercato de l'été est passé par ici. Ça y est, Seuil critique(s) se dote désormais d’un chroniqueur de luxe, et non, celui-ci ne ressemble pas à Steevie, enfin il n'est pas blond… Toujours est-il que j'ai dû cracher du biffeton, alors il a intérêt à assurer, cet incapable. Of course que je vais assurer, bienvenue chez moi, passez le seuil et vous y êtes, on va foutre un peu le bordel dans l'antre du bipède cinéphile, arracher la tapisserie, gerber sur la moquette et copuler sur son canapé Ikea Klippan Vansta (notre hôte a du goût).

D'ailleurs, si je l'ai rejoint, c'est pour une raison très simple, non pas parce qu'il me fournit régulièrement en méthamphétamines (faut bien animer un peu nos brainstormings pour écrire cette fucking rubrique), mais parce que j'ai eu une révélation : j'écris mieux avec les pieds. Bref, je passe d'un blog à quatre mains à un blog à quatre pieds. Pas d’inquiétude, je ne saloperai pas tout et pas trop souvent, je ne suis pas payé à la pige de toute façon. Vous n'en saurez pas plus sur mon salaire, ça en dégoutterait certains (big up, amis chroniqueurs payés au SMIC), et puis se taper une augmentation de 210% de revenus, ça m'a juste permis d'entrer dans le Guiness, battant le record détenu par un français originaire de l'Est à seulement 172%.

Sur ce, je déclare J - ? avant le lancement de mon comeback et de ma chronique (on voudrait pas trop s'avancer sur la date because plein de facteurs indépendants de notre volonté entrent en jeu, notamment une virée imminente au red-light district). D'ici là, ouvre tes chakras et prépare ta face, MG arrive… Sweet kiss, les polissons.

Publié par MG, celui qui a déchiré l'hymen complaisant de ta sœur rien qu'en lui parlant de cinéma.

 

Évidemment, j’aimerais remettre les choses au clair et dire aussi que je ne cautionne aucun des propos mentionnés ci-dessus. So, what’s the story, baby? Un soir chez moi, j’entends qu’on gratte à ma porte. C’est DZ et MG, en pleurs ; leur blog misérable est aujourd’hui à l’abandon, livré à la voracité de commentaires à lien publicitaire. Si DZ décide de s’exiler dans le Cantal pour aller tisser des canevas à motifs préhistoriques, MG, en mode Glenn Close, me harcèle alors pour revenir sur la blogosphère : il veut de la paillette, il veut du wild, il veut de l’exigence. Magnanime et après d’âpres conciliabules, j’accepte le deal, sachant de toute façon qu’il ne tiendra jamais au-delà de trois chroniques et que, d’ici janvier, je n’aurais plus de nouvelles de lui pour au moins quelques siècles.

Publié par mymp, celui qui a, tu vois, un certain sens des réalités.

Par mymp - Publié dans : MG dans ta face
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