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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 10:00

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Quand Park Chan-wook revisite le Thérèse Raquin de Zola à la sauce gore, cela donne Thirst, chaos inégal et déjanté, contrariant et jouissif. Cette histoire tourmentée d’adultère, d’amants maudits, de passion et de possession, enchevêtrée à celle d’un prêtre succombant aux péchés de la chair et au mythe du vampire contemporain, très à la mode ces temps-ci (The vampires diariesTrue blood, Twilight…), offre à Park Chan-wook un nouveau terrain de jeu expérimental et poétique pour ses élucubrations cinématographiques qui ont fait sa renommée. Sa mise en scène, toujours aussi inventive même quand il s’agit de filmer une partie de mah-jong dans une cuisine, sait surprendre et étonner de par ses fulgurances, son lyrisme foutraque (qu’importe le sens quand on a une telle ivresse de la forme).

En revanche, comme dans Le bon, la brute, le cinglé (pour rester dans l’esprit coréen), dès que l’originalité et la folie des scènes les plus électriques se font rares, absentes soudain de ce bouillon sanglant et débridé, celles de transition et d’exposition se nourrissent alors, un peu malgré elles, d’un ennui flagrant, d’un manque de fièvre en comparaison avec toute l’ingéniosité, et parfois l’élégance, du reste. Le film dispose ainsi d’un nombre conséquent de scènes impressionnantes (dont une de "transmission des fluides", entre les deux amants, absolument magnifique jusque dans sa dureté et son indécence), diluées et confondues dans un scénario qui tâtonne à maintes reprises, s’égare ou s’étire beaucoup, comme aveuglé d’un excès de mieux et d’absolu.

La mise en place est fastidieuse, la photographie est laide, mais sans que l’on puisse comprendre pourquoi, sans même pouvoir l’expliquer, le retranscrire en mots simples, le film hypnotise souvent à un point de fascination trouble. Les dix dernières minutes, sans une parole, presque sans un bruit, sont un bel instant cloué de romantisme démantibulé où l’amour à mort n’a jamais été aussi bien montré avec tant d’émotion et d’humour noir, concluant sobrement cette œuvre hybride et claudicante, amorale dans sa généralité mais rébarbative dans ses accessoires narratifs. 

 

Park Chan-wook sur SEUIL CRITIQUE(S) : Stoker.

 

2 étoiles et demi

Par mymp - Publié dans : Films
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